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Qu'est-ce qu'un hantavirus?

Un hantavirus est un virus présent dans l'urine, la salive ou les excréments de la souris sylvestre et de certains autres rongeurs sauvages infectés (rats-cotonniers, oryzomys du sud-est des États Unis et souris à pattes blanches). Il entraîne une maladie pulmonaire rare, mais grave, appelée syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH). Les hantavirus ne peuvent pas demeurer actifs très longtemps une fois hors de l'organisme hôte (moins d'une semaine à l'extérieur et seulement quelques heures s'ils sont directement exposés aux rayons solaires).


Les hantavirus sont-ils courants?

Les trois premiers cas de SPH signalés au Canada sont survenus en 1994, en Colombie-Britannique. Depuis, quelque 50 cas ont été déclarés, la plupart dans l'Ouest canadien (Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique).


Comment les hantavirus pénètrent-t-ils dans l'organisme humain?

Les humains peuvent contracter une infection à hantavirus en inhalant des gouttelettes de salive ou d'urine en suspension dans l'air, ou des poussières d'excréments provenant de rongeurs sauvages infectés, en particulier la souris sylvestre. La transmission peut également survenir lors d'un contact direct entre une matière contaminée et la peau non intacte (éraflée), ou encore, par ingestion d'aliments ou d'eau contaminés. Aucun cas de transmission de personne à personne n'a été signalé en Amérique du Nord. Quelques cas du SPH survenus en Amérique du Sud donnent à penser qu'il est possible que les hantavirus se transmettent de personne à personne. Cela dit, les virus isolés en Amérique du Sud sont génétiquement différents de ceux décrits en Amérique du Nord.


Quels sont les effets des hantavirus sur la santé?

On appelle syndrome pulmonaire à hantavirus la maladie provoquée par ces virus. Les symptômes du SPH se manifestent 1 à 5 semaines après l'exposition, mais le délai moyen est de 2 à 3,5 semaines. Cette maladie est extrêmement grave, car entre 50 % et 60 % des personnes atteintes en meurent. Elle débute par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe. Au stade initial, le travailleur peut présenter de la fièvre, des frissons, des myalgies (douleurs musculaires), des céphalées (maux de tête), des nausées, des vomissements, un essoufflement, un pouls rapide et des troubles gastro intestinaux. La maladie évolue toutefois rapidement, et les personnes infectées voient leur pression artérielle chuter de façon anormale tandis que leurs poumons se remplissent de liquide. Une grave défaillance respiratoire, entraînant la mort, peut survenir quelques jours après l'apparition des premiers symptômes.


Comment traite-t-on le syndrome pulmonaire à hantavirus?

Il n'existe aucun vaccin, traitement ou remède spécifique contre l'infection à hantavirus, mais le dépistage et l'administration de soins précoces dans une unité de soins intensifs peuvent contribuer au rétablissement du patient. Des médicaments peuvent être prescrits aux personnes infectées par un hantavirus pour soulager la fièvre et la douleur, de même qu'une oxygénothérapie (utilisation d'oxygène à des fins thérapeutiques).


Quelles sont les activités à risque?

Au Canada et aux États-Unis, les cas d'infection à hantavirus ont été associés aux activités suivantes :

  • balayage d'une grange et d'autres dépendances;
  • piégeage et étude des souris;
  • utilisation d'air comprimé et balayage à sec pour éliminer les déchets de bois dans une scierie;
  • manipulation de grains contaminés par des excréments et de l'urine de souris;
  • entrée dans une grange infestée de souris;
  • plantation ou récolte de grandes cultures;
  • séjour dans une habitation auparavant inoccupée;
  • circulation dans une zone infestée par des rongeurs au cours d'une randonnée pédestre ou d'une excursion de camping;
  • résidence dans un logement infesté de rongeurs.

Les employeurs qui engagent des travailleurs susceptibles d'être exposés aux rongeurs dans le cadre de leurs fonctions habituelles doivent respecter la réglementation en matière de santé et sécurité au travail en vigueur dans leur province ou leur territoire. Les employeurs sont généralement tenus d'élaborer et de mettre en œuvre un plan de prévention des expositions, afin d'éliminer ou de réduire le risque d'exposition aux hantavirus dans leur milieu de travail et les dangers qui y sont associés.


Comment peut-on prévenir l'exposition aux hantavirus?

Il n'existe aucun vaccin contre les hantavirus. Étant donné que l'infection chez l'humain est due à l'inhalation de matières contaminées, il importe de limiter la quantité de poussière en suspension dans l'air au cours des activités de nettoyage. Les souris et les excréments doivent être traités comme s'ils étaient infectés. Les personnes chargées du nettoyage dans des lieux où il n'y a pas d'accumulation importante d'excréments, doivent porter des vêtements et des gants de protection (en néoprène, en nitrile ou sans latex) jetables, des bottes en caoutchouc et un masque N95 jetable. Quant aux travailleurs affectés à des activités de nettoyage général dans des zones contaminées par des quantités importantes d'excréments de rongeurs, ils doivent porter un appareil de protection respiratoire (APR) à adduction d'air filtré motorisé ou à adduction d'air pur doté d'un filtre P100, ainsi qu'une protection oculaire ou faciale, afin d'éviter tout contact avec des particules contaminées en suspension dans l'air.

Les souris mortes, les nids et les excréments des rongeurs doivent être complètement imbibés d'une solution d'hypochlorite de sodium à 10 % (une partie d'eau de Javel domestique pour dix parties d'eau). L'eau de Javel tue le virus et réduit tout autre risque de transmission. Les matières contaminées doivent être déposées dans un sac en plastique scellé en vue d'être éliminées. Les surfaces des appareils de protection respiratoire, les gants, les bottes en caoutchouc et les lunettes de sécurité réutilisables doivent être désinfectés avec un linge imbibé d'une solution à base d'eau de Javel. Les vêtements de protection, les gants et les appareils respiratoires jetables doivent également être déposés dans un sac en plastique scellé en vue d'être éliminés. Pour connaître les méthodes d'élimination approuvées, consulter les responsables locaux de l'environnement.

Il importe de se laver soigneusement les mains avec de l'eau et du savon après avoir enlevé les gants.


Où peut-on obtenir de plus amples renseignements?

Les Centers for Disease Control des États-Unis et le Worker's Compensation Board de la Colombie-Britannique ont émis des lignes directrices provisoires applicables à différentes situations en milieu de travail. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant l'évaluation des risques et les précautions applicables à certaines situations qui ne sont pas clairement abordées dans les lignes directrices actuelles, communiquer avec les organismes chargés de fournir ces précisions, comme le bureau de la santé publique de votre localité.

« Hantaviruses » – U.S. Centers for Disease Control

« A Hantavirus Exposure Control Program for Employers and Workers » – Worksafe BC

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Dernière mise à jour du document le 20 octobre 2008

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