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Qu'est-ce que la maladie du légionnaire?

Cette maladie a été baptisée ainsi en 1976 après qu'une affection respiratoire eut frappé de nombreux participants à un congrès de l'American Legion of Pennsylvania à Philadelphie. Ultérieurement, la bactérie responsable de la maladie a été isolée et nommée « Legionella pneumophila ».

Deux maladies distinctes, la maladie du légionnaire et la fièvre de Pontiac, ont été associées à des espèces de Legionella. La maladie du légionnaire est une forme de pneumonie grave. La fièvre de Pontiac est une infection bénigne qui ressemble à la grippe et qui ne s'accompagne pas de pneumonie. On ignore pourquoi le même agent étiologique peut causer deux maladies distinctes.

Dans le présent document, nous ne parlerons que de la maladie du légionnaire. Il semble que la fièvre de Pontiac soit rare; seules quelques éclosions ont été signalées dans le monde, dont une d'ampleur épidémique au Canada.


Quelle est la cause de la maladie du légionnaire?

La bactérie responsable de la maladie du légionnaire appartient au genre Legionella. Ce genre compte environ 35 espèces pathogènes. Les Legionella se retrouvent souvent dans des milieux aquatiques. Elles peuvent survivre pendant plusieurs mois à l'humidité et se multiplient lorsqu'il y a des algues et des matières organiques dans le milieu.


Quels sont les signes et symptômes de la maladie du légionnaire?

La maladie du légionnaire débute habituellement par des maux de tête, des douleurs musculaires et un malaise général. Ces symptômes sont suivis d'une forte fièvre (jusqu'à 40 - 40,5 °C ou environ 104 -105 °F) et de grands frissons. Des nausées, des vomissements et de la diarrhée sont également possibles. Le deuxième et le troisième jour, le malade peut avoir une toux sèche et des douleurs à la poitrine. Une gêne respiratoire est souvent signalée. La plupart des patients développent une pneumonie, les sacs alvéolaires de leurs poumons se remplissant de liquide ou de pus, ce qui empêche l'air d'y pénétrer. La pneumonie peut être bilatérale (2 poumons) et peut devenir suffisamment grave pour que le malade soit hospitalisé. La pneumonie résultant de la maladie du légionnaire ressemble à la pneumonie due à d'autres causes. Il faut des épreuves de laboratoire pour que le diagnostic soit sûr. Certains troubles mentaux, tels que la confusion, la désorientation, les hallucinations et la perte de mémoire, peuvent être disproportionnés par rapport à la gravité de la fièvre. Il faut plusieurs semaines pour se remettre complètement. Environ 5 à 15 % des cas connus de maladie du légionnaire ont été mortels.


Comment reconnaît-on et traite-t-on la maladie du légionnaire?

On peut soupçonner une maladie du légionnaire devant des signes et des symptômes cliniques qui semblent typiques de la pneumonie à Legionella. Citons entre autres la diarrhée et les symptômes neurologiques, en particulier la confusion et la perte de mémoire.

Pour distinguer la maladie du légionnaire de la pneumonie due à d'autres causes, il faut des analyses spéciales qui, normalement, ne sont pas pratiquées dans les cas de fièvre avec pneumonie. Le diagnostic est confirmé par l'isolement de Legionella dans les sécrétions respiratoires (crachats) ou par des analyses de sang. Des tests sérologiques sont habituellement effectués pour déterminer si la concentration de certaines protéines (c.-à-d. les anticorps) a augmenté dans le sang. Une augmentation indique une infection par Legionella. Les anticorps sont produits par des cellules spéciales du système immunitaire; ils réduisent ou neutralisent l'effet des microorganismes étrangers.

L'érythromycine et la rifampicine sont deux antibiotiques couramment utilisés pour traiter la maladie du légionnaire.


Comment se transmet la maladie du légionnaire?

On ne comprend pas tout à fait le mode de transmission de la maladie du légionnaire. La présence normale de Legionella dans l'eau et le sol n'est pas automatiquement associée à une éclosion de la maladie. Il semble que pour être pathogène, le microbe doive atteindre les poumons. L'inhalation de petites particules d'eau (aérosols) ou de terre contaminées semble déterminante. De nouveaux éléments de preuve semblent indiquer que la bactérie Legionella peut également pénétrer dans les poumons par aspiration et transmettre ainsi la maladie. Par aspiration, on entend l'aspiration d'un corps étranger lors de l'ingestion ou de la déglutition ou encore de la suffocation. Ce phénomène permet l'introduction accidentelle de fluides et de particules dans les poumons, plutôt que dans l'estomac.

Rien ne prouve que la maladie du légionnaire puisse se transmettre d'une personne à l'autre. L'attention s'est donc concentrée sur la propagation de Legionella par les systèmes de ventilation des immeubles. Legionella peut proliférer dans l'eau stagnante tiède. Lorsque l'air circulé charrie des gouttelettes d'eau contaminées, la bactérie peut être transportée dans tout l'immeuble. Si les gouttelettes sont assez petites, elles peuvent être inhalées, ce qui permet à la bactérie de pénétrer dans le poumon.


Comment les bactéries du genre Legionella se propagent-elles à l'intérieur des immeubles?

Les gros systèmes modernes de climatisation sont équipés de tours de refroidissement qui refroidissent l'eau et permettent d'évacuer la chaleur dans l'atmosphère par évaporation. L'eau chaude est déversée dans le haut de la tour de refroidissement par des gicleurs (voir figure 1). Elle est ainsi pulvérisée en minuscules gouttelettes qui sont projetées dans l'air, ce qui permet un contact optimal entre l'eau et l'air déplacé dans la tour par les ventilateurs. Pour empêcher les gouttelettes de s'agglomérer, des rampes de pulvérisation sont placées sous les gicleurs.

Schéma  d'une tour de refroidissement

Pendant que les gouttelettes sont entraînées vers le bas de la tour, une partie de l'eau s'évapore. Comme l'évaporation mobilise de la chaleur, l'eau qui reste est refroidie. Le courant d'air créé par les ventilateurs refroidit également l'eau. Des gouttelettes sont évacuées vers l'extérieur avec l'air expulsé par les ventilateurs. Un éliminateur de gouttelettes placé en haut de la tour réduit la perte en eau. L'eau refroidie s'accumule au bas de la tour d'où elle est pompée et le cycle recommence.

Les condenseurs évaporatifs (figure 2) sont construits et fonctionnent d'une façon similaire aux tours de refroidissement.

Schéma d'un condenseur évaporatif

L'air ou l'eau qui circule dans les tours de refroidissement et les condenseurs évaporatifs peut contenir Legionella et d'autres microorganismes.

Legionella se multiplie aisément dans l'eau, surtout lorsqu'il y a des algues et du tartre. La bactérie peut être dispersée avec les gouttelettes d'eau en suspension dans l'air (aérosols) ou avec les matières évaporées, mais elle peut aussi pénétrer dans le système de climatisation s'il y a un échange entre ses conduits et ceux de la tour de refroidissement ou du condenseur évaporatif.

Legionella a été retrouvé dans des réservoirs à eau chaude, dans l'eau chaude de douches et de robinets et dans des bains tourbillons. On ignore si Legionella est introduit dans l'eau des immeubles par les systèmes d'alimentation municipaux ou par les tours de refroidissement contaminées situées à proximité. Les aérosols produits lorsqu'on utilise de l'eau chaude permettent à la bactérie, si elle est présente dans l'eau, de pénétrer dans les poumons.


Qui risque davantage de contracter la maladie du légionnaire?

Habituellement, ce sont les gens d'âge moyen qui sont le plus souvent atteints, bien qu'on ait signalé des cas dans tous les groupes d'âge. La maladie frappe souvent des personnes dont le système immunitaire est affaibli, mais des sujets apparemment en bonne santé peuvent également contracter la maladie du légionnaire. Les personnes souffrant du cancer ou d'une maladie chronique du rein sont parmi les plus vulnérables. Certaines maladies chroniques, comme le diabète et l'alcoolisme, semblent également accroître la susceptibilité à la maladie du légionnaire. Les fumeurs risquent davantage de contracter la maladie, peut-être parce qu'ils sont en général plus nombreux à souffrir d'infections des voies respiratoires.


Quels métiers sont à risque?

Il n'est pas facile d'identifier tous les métiers qui exposent les travailleurs au risque de maladie du légionnaire. En fait, il est impossible d'évaluer ou d'estimer la fréquence de cette maladie en milieu de travail car on ne dispose pas de statistiques.

Les travailleurs les plus à risque sont ceux qui doivent travailler dans des immeubles hermétiques, y compris les travailleurs qui veillent à l'entretien des tours de refroidissement dans les systèmes de climatisation.

Certains emplois en plein air devraient également être considérés comme à risque. La terre déplacée par les bouldozeurs et les points de déversement des eaux de surface ou de l'eau aérosolisée peuvent être une source d'exposition aux microorganismes responsables de la maladie du légionnaire.


Comment prévient-on la maladie du légionnaire?

L'adoption de bonnes pratiques d'exploitation et d'entretien des systèmes de traitement de l'air et de l'eau constitue la meilleure méthode de prévention de l'infection causée par Legionella. Les tours de refroidissement et les condenseurs évaporatifs devraient être inspectés et nettoyés à fond au moins une fois par année. Les pièces, comme les éliminateurs de gouttelettes, doivent être remplacées quand elles sont corrodées. Il faut également enlever les algues et le tartre accumulé. Non seulement ces mesures limiteront la prolifération des germes mais elles permettront également au système de fonctionner efficacement. Durant le nettoyage des espaces clos, il convient d'adopter les mesures de sécurité prévues pour l'entrée dans des espaces confinés.

L'eau de refroidissement doit être constamment traitée. Idéalement, un système automatique de traitement de l'eau doit vérifier continuellement la qualité de l'eau en circulation.

Les désinfectants couramment utilisés dans les tours de refroidissement sont le chlore, le dibromonitrilopropionamide et des dérivés de l'ammoniac appelés composés d'ammonium quaternaire. Ils semblent efficaces en laboratoire, mais leur utilité pratique n'a pas encore été complètement établie. Il importe que tout désinfectant utilisé dans le système d'eau d'une tour de refroidissement soit compatible avec les matériaux de construction de cette tour.

Les prises d'air frais ne doivent pas être situées à proximité des tours de refroidissement car des aérosols contaminés pourraient pénétrer dans le système de ventilation. Les filtres à air doivent être examinés, nettoyés et/ou remplacés périodiquement et des tests doivent être effectués pour détecter les fuites. Les tours de refroidissement doivent être situées de façon que les gouttelettes ou le produit d'évaporation n'entrent pas avec l'air frais. Les réservoirs à eau chaude, qui peuvent fournir un milieu propice à la prolifération de Legionella, doivent faire l'objet d'un nettoyage périodique. Les conduites d'eau doivent être rincées régulièrement pour éviter que de l'eau stagnante n'y demeure.

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Dernière mise à jour du document le 20 avril 2006

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